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Yule, ou le sabbat du solstice d’hiver

Dernière mise à jour : 5 oct. 2025

Tout d’abord, je m’excuse pour mon retard, mais ces derniers temps, j’ai été un peu occupée, donc oui, j’aurais dû poster cet article plutôt avant Noël, mais j’espère que la lecture vous fera tout de même plaisir.


Alors que dans le monde entier, de nombreuses personnes fêtent Noël, d’autres célèbrent la fête de Yule. C’est ainsi que l’on nomme les célébrations du sabbat du solstice d’hiver. Dans le folklore nordique et dans le paganisme, c’est une fête qui joue un rôle important. Elle est riche en symbolisme et en traditions.


Dans l’hémisphère Nord, le solstice d’été (19-22 juin) marque le jour le plus long de l’année, le solstice d’hiver (20-23 décembre) marque, quant à lui, la nuit la plus longue.


I. La signification du mot Yule :


Yule est célébré au solstice d’hiver, quand la nuit est si longue que l’on a l’impression que les ténèbres ont tout englouti. Le mot « solstice » (en latin : « Solsticium »– sol = soleil et statum = se tenir) signifie « soleil immobile ».

Le mot yule vient du vieux narrois « jól », que l’on prononce « youl ». Cependant, c’est une fête bien plus ancienne que le mot lui-même. La signification semble s’être perdue avec le temps. Certains linguistes suggèrent que le mot est lié à l’islandais « hjól » ou du danois / norvégien / suédois « hjul » qui signifie « roue », qui pourrait faire référence à la roue solaire « sól hjól / solhjul ».


Mais à quelle date célèbre-t-on ce solstice ?


Lors de Yule, on fête le retour de la lumière. Cela peut paraître contradictoire puisqu’il s’agit de la nuit la plus longue, mais elle marque aussi le début du rallongement des journées. On passe donc des ténèbres à la lumière, c’est pour cela que ce sabbat est parfois appelé « nouvel an solaire ».

Les énergies liées à cette fête sont : le renouvellement, la régénération, la prospérité et la guérison. La date varie selon les années, entre le 20 et le 23 décembre, mais certaines personnes le fêtent généralement le 21 décembre, afin de se faciliter les choses.





II. L’origine de la fête de Yule


Cette fête trouve ses origines dans les anciennes traditions nordiques et celtiques.

Chez les Vikings, « jól » était la fête du solstice d’hiver qui durait au moins deux semaines, voire plus.

Les païens célébraient le moment où le soleil atteignait son point le plus bas et commençait à remonter, symbolisant la renaissance du soleil. La lumière, le feu et les festins étaient des éléments centraux de cette fête.

Les rites pratiqués lors de ce sabbat avaient une portée magique et étaient destinés à s’attirer les faveurs des dieux. D’après certains historiens, cela incluait des sacrifices aux dieux et aux êtres surnaturels, voire même aux défunts. Les anciens Scandinaves rendaient hommage au dieu Odin.

D’ailleurs, de nombreux aspects de la fête de Noël sont inspirés des traditions de cette fête païenne. L’Église a converti les anciennes fêtes plutôt que les supprimer.


Mais comment les Vikings célébraient-ils Yule ?


La fête de Yule occupait une place très importante dans les célébrations vikings. Les jours consacrés à ce sabbat étaient rythmés par divers rituels symboliques.

Ils se rendaient en forêt à la recherche d’un beau sapin pour le décorer dans leur foyer. Ce n’est pas sans rappeler les traditions de Noël, n’est-ce pas ? Quand un viking ramenait son arbre de Yule, il y gravait des runes, demandant aux dieux d’entendre leurs prières et leurs souhaits.





Ils allaient ensuite chercher une bûche destinée à brûler durant des jours, les flammes éloignant les ténèbres et appelant le retour de la lumière (elle était décorée). Aujourd’hui, nous avons toujours la bûche à Noël, mais plus sous la même forme.

La bûche et l’arbre de Yule sont restés des choses importantes que l’on retrouve dans nos célébrations de Noël aujourd’hui.


Mais Yule a aussi ses traditions bien à elle.

Parfois (et c’est encore le cas aujourd’hui), certains fabriquaient un bouc en paille appelé « le Julbock », mais c’est surtout lié à la culture nordique. Il était décoré et il représentait les boucs qui tiraient le char de Thor : Tanngrisnir et Tanngnjóstr. C’est toujours un symbole fort aujourd’hui, comme en Suède où l’on érige un Julbock géant dans la ville de Gävle, chaque année.

Les jeunes hommes vikings qui voulaient rendre hommage à Thor se déguisaient en bouc et visitaient les foyers du village. C’est sans doute l’origine de Krampus. Thor était une figure importante pour les Scandinaves. On disait qu’il parcourait le ciel sur son char et descendait dans les foyers par la cheminée. Ça ne vous rappelle pas le voyage effectué par le Père Noël ?


III. Entre folklore et bestiaire :


L’image de ce vieil homme barbu vêtu de rouge traversant le ciel sur son traîneau rempli de cadeaux est dans l’esprit de nombreuses personnes. Mais s’agit-il d’une tradition ancestrale ?

Cette figure ne s’est définitivement ancrée qu’au XXe siècle. Les êtres merveilleux personnifiant l’hiver, généreux donateurs au cœur de la saison froide, sont très nombreux. Ils ont des particularités en fonction des pays et des régions. On peut distinguer plusieurs catégories. Chacun de ces êtres est ambivalent avec une dualité sous la formes de récompenses et punitions :


  1. les personnages bibliques et les saints,

  2. les vieillards de l’hiver,

  3. les fées – sorcières

  4. les lutins et les esprits de la maison.


Tous ces personnages ont une double fonction :

  • éduquer les jeunes générations,

  • exorciser les craintes de l’hiver.


  1. Le Père Noël :


    Ce personnage serait tiré de Saint-Nicolas, fêté le 6 décembre. Il s’agirait de Nicolas de Myre, un riche évêque turc qui, pendant la nuit, allait distribuer des cadeaux et de la nourriture aux pauvres. Il a été canonisé par l’Église, quand celle-ci cherchait à convertir les personnages des fêtes païennes par des saints. Et c’est ainsi que Saint-Nicolas est devenu une fête religieuse populaire dans de nombreux pays.

    Avec la réforme protestante, les Hollandais transformèrent Saint-Nicolas en personnage semi-laïc « Sinter Klaas » et gardèrent la distribution de cadeaux. Le nom « Santa Klaus » est une déformation du mot « Sinter Klaas ».

    Si vous souhaitez en savoir plus sur l’origine du Père Noël, je vous invite à lire l’article du site Geo.


  2. Les personnages de l’ombre :


    1. Le père Fouettard :


      Saint-Nicolas est souvent accompagnée d’un personnage inquiétant : le célèbre Père Fouettard. Il est souvent représenté avec une apparence repoussante, vêtu de noir avec de grandes bottes. Il traîne avec lui des fouets et des chaînes avec lesquels il fait beaucoup de bruit.

      Saint-Nicolas récompense les enfants sages, alors que le Père Fouettard s’occupe des enfants désobéissants en leur déposant un charbon ou un martinet.


    2. Les croquemitaines :


      Les croquemitaines endossent le même rôle que le Père Fouettard. Ils sont utilisés en guise de menace par les parents pour obtenir l’obéissance de leurs enfants. Il y a une valeur morale qui perdure lors de ce solstice. C’est dans ce sens que l’on comprend la présence de ces personnages sombres qui accompagnent la figure lumineuse de la fête.


    3. Le Krampus :



      Copyright 2024 Warner Bros. Entertainment Inc. (Red One)
      Copyright 2024 Warner Bros. Entertainment Inc. (Red One)


      Il s’agit de personnages de la période de l’Avent. Le Krampus est le double maléfique du saint Nicolas en pays germaniques.

      Le premier récompense les enfants sages, alors que cette créature mi-chèvre (mi-bouc) et mi-démon frappe les enfants désobéissants à coups de fouets ou de chaînes rouillées.

      Le mot « Krampus » vient du haut-allemand « krampen », signifiant « griffes » ou « quelque chose de flétri, desséché et sans vie ».

      Ce monstre légendaire fait partie de la tradition de Noël en Allemagne depuis des siècles.

      Aujourd’hui, dans certains pays comme l’Autriche, l’Allemagne, la Hongrie, la Slovénie et en République tchèque, il est célébré le 6 décembre. Des hommes se déguisent en Krampus et envahissent les rues pour le « Krampuslauf ».


    4. Les Silversterchlausen :


      En Suisse, le 31 décembre se tient une coutume, les Silvesterchlausen. À la Saint-Sylvestre, les rues sont envahies par des personnes masquées et costumées qui défilent à travers les villages. Il y a les « beaux » et les « vilains » qui représentent la lumière et les ténèbres.


    5. Les fées-sorcières :


      Dans de nombreux folklores, les femmes sont des figures importantes, les bienfaitrices de l’hiver. Elles sont le plus souvent âgées, les cheveux blancs, avec des vêtements en lambeaux, se déplaçant seules parfois en volant.

      On retrouve chez elles la même ambivalence que chez leurs homologues masculins.

      En France, nous avons la tante Arie (Tantairie) en Franche-Comté et les trotte-vieilles en Haute-Savoie. En Italie, nous avons la Befana. En Russie, nous avons la Babouchka.

      Et en Terre Nordique, dans les montagnes islandaises, nous avons Gryla.





      Selon la légende, Gryla était une ogresse et une géante vivant dans les montagnes. Elle descendait à l’approche de Noël, à la recherche d’enfants pas sages, afin de constituer l’ingrédient principal de son plat préféré : le ragoût d’enfants turbulents.


      Remontant au XIIIe siècle, elle connut bon nombre de variations, mais elle fut vraiment associée à Noël 400 ans plus tard, quand elle devint la mère des 13 Yuletide Lads, soit les 13 pères Noël du folklore islandais.


    6. Les lutins farceurs et les esprits du foyer :


      Dans le folklore nord-européen, les lutins, elfes, nains et esprits sont nombreux. Ils peuvent faire preuve de générosité, mais aussi se montrer exigeants et facétieux.


      En Suède, nous avons le Jultomte (le petit homme de Jul), il se déplace de maison en maison sur son bouc pour déposer des jouets et des friandises aux enfants.


      En Islande, la saison de Yule est marquée par l’apparition des Jólasveinar (les Yuletide Lads). Ces 13 lutins sèment la panique dans les foyers. Ce sont les fils de Gryla (citée plus haut). Les uns après les autres, ils hantent les maisons des Islandais entre le 12 décembre et le 6 janvier.





      Je vous les présente dans l’ordre :


      • Stekkjastaur (Harcèlemoutons – le Balourd de la bergerie) : du 12 au 25 décembre,

      • Giljagaur (Ravineur - Grand dadais du caniveau) : du 13 au 26 décembre,

      • Stúfur (Courtaud) : du 14 au 27 décembre,

      • Thvörusleikir (Lèchecuillère – Lécheur de cuillère) : du 15 au 28 décembre,

      • Pottaskefill (Grattepot – Racleur de pot) : du 16 au 29 décembre,

      • Askasleikir (Lèchebol – Lécheur de bol) : du 17 au 30 décembre,

      • Hurðaskellir (Claqueporte – Claqueur de portes) : du 18 au 31 décembre,

      • Skyrgámur (Gobeyahourt – Gobeur de yaourt) : du 19 décembre au 1er janvier,

      • Bjúgnakrækir (Chipesaucisse – Chipeur de saucisses) : du 20 décembre au 2 janvier,

      • Gluggagægir (Zieutefenêtre – Mateur aux fenêtres) : du 21 décembre au 3 janvier,

      • Gáttaþefur (Renifleporte – Sniffeur aux portes) : du 22 décembre au 4 janvier,

      • Ketkrókur (Crocheviande – Crochet à viande) : du 23 décembre au 5 janvier,

      • Kertasníkir (Volebougie – Mendiant de chandelles) : du 24 décembre au 6 janvier.


      Non seulement Gryla a 13 enfants malicieux, mais elle a aussi un énorme chat noir, le Jólakötturinn ou Jólaköttur (le Chat de Yule en islandais).





      L’animal se promène dans la neige à Yule, s’attaque et dévore toute personne qui n’a pas reçu un vêtement neuf pour le réveillon. Il semble moins altruiste que ses congénères. Cependant, il semblerait que cette légende fut créée pour inciter les gens (et surtout les enfants) à travailler. Dans le folklore islandais, les travailleurs assidus reçoivent des vêtements neufs en récompense, alors que les paresseux sont confrontés au chat de Yule, puisqu’ils ne sont pas protégés par de nouveaux vêtements.


      Aujourd’hui, la légende du chat de Yule encourage la générosité et l’esprit de don. Il souligne aussi les valeurs du travail et du soutien de la communauté pendant la saison des fêtes.



      Si vous souhaitez que je fasse des articles sur le folklore de certains pays, n’hésitez pas à le dire en commentaires, merci.


    VI. Comment fête-t-on Yule aujourd’hui ?


    Avant tout, je dirais que chacun le célèbre à sa façon. Il n’y a pas de protocole. C’est selon ces croyances, ses convictions et son ressenti.

    C’est avant tout une période de repos où l’on peut méditer sur ce qu’on veut semer pour l’année à venir, accueillir les rêves que l’on veut voir se concrétiser.


    Pour ma part, lors de cette période, dans un premier temps, je me pose et je fais le bilan de l’année. Je réfléchis à mes souhaits et à mes projets pour l’année à venir. Ensuite, je décore ma maison dans l’esprit des festivités, en créant essentiellement mes décorations. J’allume des bougies. Je prends du temps en famille et avec mes amis, en me remémorant les choses qui nous ont marquées et leur disant combien je les aime. De plus, je prépare et j’emballe les cadeaux. J’essaye, au maximum, de faire des cadeaux faits mains, ce que je n’ai pas pu faire cette année, faute de temps).


    Une chose que j’aimerais mettre en place, l’année prochaine, c’est de trouver et lire des contes de Yule et de l’hiver.



    Et toi : comment célèbres-tu les fêtes de fin d’année ? Es-tu plutôt Noël avec ses guirlandes et ses chants traditionnels, ou Yule avec ses rituels païens et son retour de la lumière ? Peut-être que tu as d’autres traditions bien à toi ?


    J’adorerais découvrir tes habitudes, tes petits rituels et ce qui rend cette période magique à tes yeux.


    Alors n’hésite pas à partager en commentaire. Je te souhaite de très belles fêtes, pleines de lumière, d’amour… et de magie. ✨



    Sources :

    – les sites :

    - https://www.vikings.fr/fete-de-yule/

    - https://horde-viking.com/blogs/blog-viking/yule

    - https://www.clefsdharmonie.fr/le-sabbat-de-yule/

    - https://www.lenlumineur.com/scriptorium-yule-noel-paien.html

    - https://www.geo.fr/histoire/dou-vient-lhistoire-du-pere-noel-207102

    - https://fr.tyrol.com/loisirs/culture/traditions/demoniaques-krampus-et-perchten

    - https://www.ca-valse-a-vienne.com/krampuslauf-perchtenlauf/

    - https://www.nationalgeographic.fr/histoire/noel-culture-populaire-qui-est-krampus-la-creature-legendaire-qui-punit-les-enfants

    - https://www.letemps.ch/societe/krampus-gryla-befana-folklore-visiteur-inquietant

    - https://www.cogestim.ch/blog/traditions-de-lavent-connaissez-vous-les-yule-lads-et-le-nisse/

    - https://www.letemps.ch/culture/islande-un-chat-devore-enfants-ne-recoivent-dhabits-noel

    - https://skjalden.com/fr/le-mysterieux-chat-de-yule-dislande/

    - https://dailygeekshow.com/chat-yule/

    – livre :

    - Yule, Collection Grimoires des sabbats - Ketty Orain-Ferella – Éditions Danaé

    Écrit par Lily Purple Cat, amoureuse des traditions anciennes, des légendes et des rituels qui relient les vivants aux ancêtres et à la nature. 🌙




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