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Le Sabbat de Samhain, l’ancêtre d’Halloween

Dernière mise à jour : 5 oct. 2025

I. Quelques points importants :


Les huit Sabbats marquent des moments importants du cycle annuel de la nature. Ces derniers sont représentés sur la roue de l’année. Les dates des solstices et équinoxes sont approximatives. Pour connaître les dates exactes, il est conseillé de se référer à un almanach ou un calendrier.


La Roue est composée de 2 groupes de 4 fêtes :

4 fêtes solaires : l’équinoxe de printemps, le solstice d’été, l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver (les dates varient très peu d’année en année),

4 fêtes intermédiaires : Imbolc, Beltane, Lughnasad et Samhain.

Les 4 fêtes solaires (les quartiers) sont appelées les petits sabbats et les 4 fêtes intermédiaires sont appelées les grands sabbats.



Petites choses à savoir, les sabbats ne sont pas célébrés à la même période entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud puisque les saisons sont inversées (la roue de l’année est donc différente).


À l’époque des peuples celtiques, Samhain marquait le début de l’hiver, le temps des dernières récoltes. À cette période, le voile entre les mondes s’amincit, il est donc possible de communiquer avec les âmes des défunts. Ce sabbat est assimilé au nouvel an des « sorcières », car il s’agit de la fin de l’année celtique. Il symbolise la mort et la renaissance.


II. Les origines


Avant de commencer, je sais que de nombreuses personnes se demandent comment on prononce le mot « Samhain ». Il s’agit d’un mot gaélique qui se prononce « Sa-Ouine ».et signifiant « fin de l’été ». Chez les Celtes, on trouve parfois les mots : Sah-vin, So-Wein ou encore Samonios …


C’est une période où la moisson est achevée. Le dieu mourant est entré et la déesse est descendue dans le monde souterrain pour rejoindre son bien-aimé, laissant sa place à la « veille femme ».


La frontière entre les mondes étant plus mince, les défunts vont rendre visite aux vivants, les êtres magiques, spirituels et féeriques la franchissent aussi. C’est une saison idéale pour la magie et la divination. Pour les Celtes, c’était le sabbat le plus important des quatre fêtes du feu.


1. La date de célébration :


La célébration de Samhain est assez approximative. Ce sabbat se déroule en trois nuits : les 3 nuits de Samonios (Tri Nox Samoni), en général à partir du 27 ou 28 octobre.


Le temps est comme suspendu : le passé, le présent et le futur se succèdent de façon simultanée durant ces 3 nuits.



Lors de cette célébration, les druides fêtaient le commencement d’un nouveau cycle. Ils laissaient les feux des foyers s’éteindre après la première gelée suivant la pleine lune d’octobre. Puis ils rallumaient le feu sacré pour le village à l’aide d’une roue représentant le soleil.


2. Pourquoi le 31 octobre ?


Quand le christianisme s’installa et se répandit en Europe. L’Église décida d’accélérer la conversion des Païens en « convertissant » leurs fêtes. Pour cela, les ecclésiastiques décidèrent que ces fêtes seraient célébrées à d’autres moments de l’année, tout en leur donnant de nouveaux noms avec ceux d’un Saint.


Mais les anciennes fêtes du feu de fin octobre avaient toujours lieu. Alors l’Église et le pape Grégoire IV déplacèrent le jour des saints et des martyrs (qui avait lieu le 13 mai) au jour de la fête des morts. Ainsi, au lieu de nier la fête des Morts, ils déclarèrent que le 1er novembre serait le jour de la Toussaint (de tous les saints).


La Toussaint et le Jour des Morts sont devenues des fêtes distinctes :

– la première pour les âmes déjà au paradis,

– La deuxième pour les âmes ayant encore des tâches à résoudre au purgatoire.


En Irlande (pays de naissance d’Halloween), ce jour était un temps de réunions de famille avant la traite des vaches. Et avec le temps, la nuit précédant le 1er novembre prit le nom d’Hallowe’en ( contraction d’« All Hallows Eve » signifiant la veille de la Toussaint).


Ce fut un semi-échec pour l’Église, car les pratiques païennes sont en grande partie restées et se sont rassemblées la veille de la Toussaint.


Le sabbat de Samhain est comme une fête de libération, un exutoire qui se fait à travers des farces, des jeux, des déguisements et tout en nous reliant aux morts avec tendresse. Il permettait aux gens de se libérer des normes en célébrant la vie en rendant hommage aux ancêtres.


3. L’exportation d’Halloween :


Beaucoup pensent qu’Halloween est d’origine Américaine, mais ce n’est pas le cas. Elle est Européenne, son bassin de naissance se trouvant en Irlande.


Quand les protestants d’origine irlandaise se sont installés aux États-Unis, ils ont amené avec eux leurs propres traditions, dont celle d’Halloween/Samhain. Ils avaient pour coutume d’organiser des fêtes et des jeux en se costumant et leurs voisins non irlandais se sont joints à eux.


Dans les années 30, les « farces » sont devenues un problème ; alors, en 1950, pour divertir la jeunesse et éviter les fauteurs de troubles, les grandes villes américaines commencèrent à organiser des tournées des maisons « trick or treat » (farce ou friandise), dont aujourd’hui on traduit plutôt par « des bonbons ou un sort ». Les occupants des maisons offraient des friandises pour éviter les mauvais tours.


Dans les anciennes pratiques, il s’agissait d’offrandes aux morts sous forme de fruits ou de gâteaux.


C’est à partir des années 70, qu’Halloween devint une fête commerciale. Ce n’était plus une fête réservée aux enfants, mais plutôt une fête pour tous. Les entreprises adaptèrent le packaging des bonbons à cette période et créèrent des décorations pour les maisons.

Malheureusement, dans tout cela, il y avait des points négatifs, car les fêtes étaient devenues un prétexte pour détériorer des biens publics et privés. De plus, certains groupes de chrétiens conservateurs, conscients des origines païennes de cette fête cherchèrent à combattre la popularité de cette fête, mais sans succès.



C’est la pop culture américaine (à travers ses films et séries) qui a fait en sorte qu’Halloween s’exporte dans de nombreux pays et c’est ainsi que cette fête est revenue en Europe (on peut dire que la boucle est bouclée).


Concernant la fête de Samhain, elle a suivi un chemin assez similaire. Dans les années 80, le développement païen (le néo-paganisme) a commencé à prendre de l’ampleur en Amérique du Nord et la sorcellerie traditionnelle a commencé à réapparaître au Royaume-Uni.


De plus en plus de personnes célèbrent Samhain le 31 octobre ou à la pleine lune la plus proche. Au Royaume-Uni, les vieilles coutumes et traditions ont toujours été intégrées à la culture populaire.


De nos jours, chacun fête à sa manière ce sabbat, de façon plus modernisée, en mélangeant des éléments de Samhain et d’Halloween : en regardant des films d’horreur, en sculptant des citrouilles, en faisant la tournée des maisons, en se costumant et de manière plus solennelle avec des cérémonies et des autels.


4. La célébration :


Les torches et les lanternes étaient allumées au bord des chemins, des routes et sur les rebords des fenêtres pour éloigner les mauvais esprits, mais aussi pour éclairer le chemin des ancêtres qui traversaient le voile pour rendre visite à leurs proches.


Des diners étaient organisés pour honorer les ancêtres. La tradition voulait que le repas se déroule en silence ou bien en murmurant pour communiquer. Une place et des couverts étaient réservés pour les défunts. En Irlande, ils pouvaient laisser un gâteau à la fenêtre ou devant la porte pour les morts.


Quand le repas était terminé, les enfants jouaient à des jeux traditionnels de Samhain alors que les parents se remémoraient des souvenirs et faisaient le bilan de l’année.


5. Et les citrouilles, dans tout ça ?


Il faut savoir qu’à la base, c’était des navets qui étaient utilisés pour les lanternes. Les gens de l’époque les creusaient et mettaient à l’intérieur un charbon ardent.


Ces lanternes étaient appelées « Jack-O’Lanterns », cela faisait référence à une vieille légende chrétienne. C’est une histoire concernant un forgeron nommé Old Jack (le vieux Jack), il était si mauvais que ni le ciel, ni l’enfer n’en voulaient. Il était donc condamné au purgatoire, obligé de parcourir les routes la nuit d’Halloween avec juste un navet pour éclairer son chemin.



Quand Halloween arriva dans le Nouveau-Monde avec les colons irlandais, les citrouilles, étant plus répandues, prirent peu à peu la place des navets dans les confections des lanternes.


6. L’obscurité et les monstres :


À cette période, le voile étant plus fin, de nombreuses créatures féériques traversent la frontière, en plus des défunts. C’est pour cela que Samhain s’est retrouvé peuplé de divers êtres provoquant la peur, voire la terreur.


Les plus anciens remontent à l’époque celtique. Lors de cette fameuse nuit, les personnes sortaient en groupe et toujours avec une lanterne, par peur de rencontrer d’étranges personnages sur leur chemin.


Parmi ces derniers, il pouvait y avoir :


– le púca (« pookah » provient du vieux gaélique irlandais, signifiant « esprit » ou « fantôme »). C'est une créature énigmatique qui peut changer de forme, elle était à la fois crainte et vénérée.

Il peut apparaître sous diverses formes comme : un cheval noir aux yeux rouges flamboyants, un lièvre ou un lapin de couleur sombre (deux formes plutôt effrayantes et dangereuses), un chien noir aux yeux brillants (forme de présages ou d’avertissements), une apparence humaine, il peut apparaître comme un vieil homme vêtu de haillons ou comme une femme séduisante, mais avec des yeux à la lueur surnaturelle et d'autres formes…

Quelle que soit sa forme, le Púca est généralement considéré comme étant de couleur sombre. Il se dégagerait une énergie sombre et maléfique.

Il n’est pas forcément méchant. C’est une créature ambivalente qui peut être à la fois bienveillant et malicieux.

Selon des histoires, il aiderait les agriculteurs en effectuant des tâches nocturnes, tandis que d’autres le dépeignent comme un farceur qui effraie les voyageurs perdus.


– La dame de Gwyn (ou Wen), c’est une femme vêtue de blanc qui pouvait soit être maléfique ou inoffensive. Selon les sources, on peut dire qu’elle serait à l’origine des légendes sur la ou les dames blanches.

Il pourrait s’agir d’une ancienne déesse ou d’anciennes déesses oubliées des Hommes. Avec le christianisme, elles sont devenues des fantômes qu’on finit par appeler « Dame Blanche ».


- assez proche de la Dame de Gwyn, il y a la Banshee, elle est considérait comme une messagère de la mort (appartenant au même univers que les Sidhe et les fées irlandaises). Elle annoncerait par son cri strident une mort prochaine.

D’après la légende, ces hurlements annonceraient à celui qui l’entend soit sa propre mort, soit celle d’un proche ou de quelqu’un d’important.

Attention, elle annonce la mort mais ne la provoque jamais.


- le Dullahan, le monstre populaire de légende de Sleepy Hollow (le cavalier sans tête).

Il est connu comme un être espiègle avec des jeux macabres.

Ce dernier peut retirer sa tête comme il le veut (c’est pour cela qu’il est souvent représenté la tête dans une main).

Il se déplace à cheval et lorsqu’il arrête se dernier, un être humain doit mourir, cela en murmurant le nom de sa victime, qui s’écroule aussi tôt.


Il y en a bien d’autres, mais cela serait bien trop long de tout citer.


Les légendes et histoires ont longtemps hanté nos campagnes, au point qu’on en connaît encore aujourd’hui.


Pour éviter que ces créatures entrent dans les maisons, des protections étaient mises en place, comme de l’eau bénite, des croix. Certaines personnes mettaient de la nourriture à l’extérieur dans l’espoir de détourner l’attention de ces visiteurs indésirables.


III. Et aujourd’hui, comment peut-on célébrer Samhain ?


Comme dit plus haut, de nombreuses personnes célèbrent ce sabbat le 31 octobre, le même jour qu’Halloween. Chacun a sa méthode pour le faire. Le plus souvent, c’est un moment solennel et calme.


Les pratiques actuelles se retrouvent dans de nombreuses traditions.

Le but premier est d’honorer les défunts et nos ancêtres, mais aussi de faire le bilan de l’année qui vient de s’écouler.


Comment je célèbre ce Sabbat ?


Pour le préparer, en général, j’aime aller me balader pour ramasser des feuilles, des châtaignes, des pommes de pins et d’autres éléments qui me serviront pour décorer mon intérieur. De plus, je prends soin de créer mes décorations, en général.



Quand je le peux, je réalise un autel pour honorer les êtres qui m’ont quitté (humains comme animaux).

Pour cela, je mets une nappe noire (pour rappeler la nuit, la saison sombre, le voile entre les mondes), j’y rajoute des citrouilles en laine et en pâte à sel (confectionnées par mes soins) ou en céramique, des feuilles, des pommes de pins, des châtaignes (que j’ai ramassées lors de mes promenades).

Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi y mettre des fleurs comme des Chrysanthèmes.

En son centre, j’y mets une assiette ou un plat avec des offrandes pour les défunts et autour, je place des photos des êtres chers qui m’ont quitté, ainsi que des bougies que j’allume en pensant à eux.


J’ai pour tradition d’organiser un repas avec des amis ou de la famille, tout en pensant aux êtres aimés qui ne sont plus parmi nous (malheureusement, cette année, je ne peux pas faire un grand repas, ça sera donc une soirée juste avec mon conjoint).

Pour le repas, je préfère utiliser des fruits et des légumes de saison comme des pommes, des navets, des citrouilles, des châtaignes, du cidre et du vin chaud.


J’ai également des petits rituels faciles à mettre en place. Je débute d’abord par un  « nettoyage spirituel ».

En balayant ma maison, je visualise les énergies négatives et stagnantes, je finis par un coup de balai poussant les énergies par la porte.

Ensuite, je me saisis d’un morceau de papier et j’y écris un aspect de ma vie dont je souhaite me défaire. Je le brûle à la lumière d’une bougie tout en visualisant le mal disparaître.

Enfin, je prends le temps de faire le bilan de l’année qui vient de s’écouler, je liste les objectifs réalisés, ceux que j’ai abandonnés et ceux que je dois encore réaliser.

Je prends aussi un moment pour penser aux choses qui me font peurs et qui m’empêchent d’avancer afin de travailler dessus.

Vous pouvez aussi méditer et pratiquer la divination.



Et toi ?


Comment célèbres-tu Samhain ou Halloween ? As-tu envie de t’y mettre ? Quelles sont tes traditions, tes rituels ?


🧡 J’ai hâte de te lire.


Sources :

- Samhain : Rituels, recettes et traditions de la fête des morts – Diana Rajchel – Éditions Danaé

- La Bible de la magie naturelle – Ann-Marie Gallagher – Edition : Guy Tredaniel

- Traité des usages et savoirs de sorcière – Edition : Secrets d’étoiles


Écrit par Lily Purple Cat, entre ombre et lumière, amoureuse des mythes, des ancêtres et des histoires qu’on chuchote quand le voile se fait plus fin. 🕯️


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